THOMAS HUS ARCHITECTE | Lycée français de Valence – Valence – Espagne

Lycée français de Valence – Valence – Espagne

FICHE TECHNIQUE

MAITRE D’OUVRAGE
AEFE, Lycée Français de Valence

MAITRISE D’OEUVRE
Thomas Hus Architecte, Architecte mandataire
Tomas & Bernat Arquitectos, Architecte d’opération
ECCTA Ingenierie, BET TCE
EMACOUSTIC, Acousticien

COUT PRÉVISIONNEL TRAVAUX
1 200 000 euros HT
SURFACE PROJET
838 m² SHON
CONCOURS

Le projet de salle polyvalente du lycée français de Valence ambitionne d’équiper l’établissement d’un outil culturel et éducatif permettant de répondre à de multiples usages. Celui-ci devrait permettre l’organisation de concerts, conférences, projections de cinéma, pièces de théâtre, mais aussi d’expositions, d’activités de motricité, des séances d’examens, et ce pour le compte du lycée, comme pour des associations extérieures à l’établissement.

L’espace doit donc être modulable, propre au lycée mais également autonome de celui-ci. Cette ambivalence implique une réflexion judicieuse des accès et des limites de l’équipement.

La zone identifiée pour l’implantation de la salle correspond à l’ancienne station d’épuration. Cet espace, désormais inutilisé par l’établissement, est au contact la rue Murta, de l’accès technique véhicule de la cuisine, et des cours de l’élémentaire. La topographie du terrain présente un dénivelé de 3 m entre le portail sur rue et la partie haute des cours.

Les contraintes urbanistiques de la commune de Paterna, ainsi que l’espace disponible sur le site du lycée, ont guidé la conception dans une formalisation compacte du programme.

La salle polyvalente se présente depuis la rue comme un parallélépipède surélevé reposant sur une succession de blocs vitrés et rejoins par un monticule de terrassement.

L’échelle du bâtiment impose, et préserve le parvis du soleil. La masse est habillée d’une peau de terre cuite grise. Tantôt bardage ventilé, tantôt brise soleil, cette peau ondule et s’ouvre suivant les angles et les locaux. Ventiler, offrir des vues, cette variation de l’enveloppe ambitionne également d’assouplir la massivité en introduisant des nuances et des contrastes. Lointaine cousine des façades de briques alentours et des persiennes récurrentes du lycée, cette carapace se veut une réinterprétation d’un vocabulaire présent sur le site.

Le projet se joue de la massivité de son volume principal, laissant supposer qu’il est supporté par des blocs de verre. Il s’agit des locaux techniques associés au niveau du parking ainsi que la cage ascenseur et des sanitaires de la cour élémentaire. Ces locaux sont fermés en façade par des lames de verre opalescent. Alignées ou décalées pour générer des ventilations naturelles, ces parois légères délimitent les espaces tout en les baignant de lumière. Le soir venu, les dispositifs d’éclairage intérieur les transforment en cube lumineux qui à leur tour éclairent les espaces du parking, le parvis et les circulations vers le lycée.

Sur le parvis d’entrée, l’ondulation des terrasses en pierre contrebalance la rigidité des volumes construits. Parfois assise, parfois escalier, l’emmarchement constitue un amphithéâtre extérieur ou accompagne le visiteur dans une ascension vers le hall d’entrée à l’étage.

Sur le plan fonctionnel, les ambitions du projet sont :

–          de requalifier une nouvelle entrée pour le lycée au travers du parvis d’accueil,

–          de permettre une flexibilité d’usage depuis le lycée ou indépendamment du fonctionnement de l’établissement,

–          mais également  de résoudre le rapport, voir le croisement, inopportun des véhicules avec les flux d’élèves.

Afin de répondre à ces enjeux, le partie pris du projet est de tirer profit du dénivelé du terrain et de diversifier les accès : un accès bas depuis la rue Murta et un accès haut depuis les espaces du lycée.

Il s’agit à travers cette disposition de gérer sur des niveaux différents les flux piétons et véhicules. Ces circulations de nature potentiellement conflictuelles sont un obstacle au fonctionnement et à l’autonomie des différents services, que ce soient ceux de la salle de spectacle, comme l’ensemble des locaux techniques et des parkings.

L’implantation de la salle polyvalente de plein pied avec les espaces du lycée permet donc de libérer un espace couvert au niveau inférieur, et de gérer l’ensemble des allers et venues des véhicules sans croiser les circulations piétonnes. Cette configuration présente d’ailleurs l’avantage de pouvoir être envisagée sans susciter d’importants travaux de terrassement puisque l’on bénéficie du dénivelé naturel.

Une entrée véhicule sur rue, indépendante du parvis piéton, donne accès via une rampe aux espaces semi enterré sous le bâtiment. La différence de niveau avec le sol naturel permet de constituer un quai de déchargement au bout du parking. De là, il est ensuite possible de rejoindre aisément les espaces de la cuisine, les espaces de stockage ou déchet du projet, ainsi que les réserves de la salle de spectacle, soit via la rampe qui remonte à l’étage soit via le monte décor. Une rampe à proximité des places PMR permet de rejoindre l’ascenseur ou le parvis d’entrée.

L’entrée piétonne sur le site se fait via le parvis. Une guérite d’entrée est associée à cette espace afin de pouvoir contrôler les accès et les ouvertures des portails. La clôture, composée de portillons pivotants, filtre les accès en fonction du nombre de visiteurs attendus. Lors d’un spectacle ou d’une conférence, l’ensemble des portillons peuvent être ouvert, la clôture devient alors poreuse sur toute sa longueur.  En journée, seul le portillon associé à la guérite peut-être ouvert afin de contrôler l’entrée ou la sortie des élèves.

L’espace d’entrée est dominé par le volume bâtis de l’équipement. Il est marqué par un mouvement de sol invitant les visiteurs soit dans une ascension vers le hall d’entrée de la salle polyvalente, soit les élèves à prolonger leur marche pour rejoindre la rampe qui s’enroule autour du bâtiment C3, et ainsi accéder aux différents espaces du lycée. Ce mouvement de sol, composé d’une succession de terrasses, fait par ailleurs office d’amphithéâtre extérieur. Un événement permettant l’attente, la flânerie ou la réunion d’un auditoire à l’ombre de la salle polyvalente.

A l’étage, l’arrière du bâtiment est rejoint par le niveau naturel du sol à proximité de l’entrée du restaurant. La connexion des coursives extérieures du projet sur cet espace permet de rejoindre le sas d’entrée de la salle depuis le lycée, d’accéder à l’entrée des artistes ou d’enjamber le quai de déchargement pour rejoindre les terrains de sports sur la limite Ouest du site.

Ces connexions créées via le projet, ont pour objectif de favoriser les relations du nouvel équipement avec le fonctionnement actuel de l’établissement, en l’inscrivant dans le réseau des circulations et en en tissant d’autres. Il permet notamment de rendre la salle autonome par rapport au reste du site, en ne donnant uniquement l’accès à celle-ci et à l’esplanade d’entrée, le soir ou lors des vacances scolaires.

Dans le prolongement de la réflexion des zones véhicule à l’échelle du site, le projet illustre le réaménagement possible du parking des professeurs le long de la limite nord du terrain. Cette implantation exploitant des cours déjà bitumés pourrait se faire à moindre frais, et présente surtout l’avantage de redéployer des espaces de récréation autour des bâtiments d’enseignement C1 et C2, et donc de rationnaliser l’utilisation des zones en fonction des usages. Cette disposition peut-être envisagée indépendamment du projet.